S’il y a une tradition dont les Québécois raffolent – et moi aussi -, c’est celle du Temps des Sucres.
C’est ce temps de mars et avril qui rime avec les premiers redoux, même si on n’est jamais à l’abri d’une bonne bordée de neige et d’une grosse chute des températures jusqu’à fin avril …. voire jusqu’en mai. Oui, rappelons-nous toujours que le Québec, « ce n’est pas un pays, c’est l’hiver » !
Le Temps des Sucres, c’est surtout la période de récolte de l’eau d’érable, que les acériculteurs transforment ensuite en or liquide et gourmet : le sirop d’érable. Ce sont ces quelques semaines de l’année où le monde se retrouve dans le bois, à la cabane à sucre, pour se mettre plein la panse de litres de sirop d’érable qui viennent arroser les saucisses et le bacon, les oeufs et omelettes, les fèves et les patates, les crêpes et le pouding quand il est chômeur, les oreilles de crisse et les grands-pères, les tartes et les pâtés, et j’en passe. À la cabane à sucre, on se tasse les uns près des autres, coudes à coudes, dans la bonne humeur, le long de grandes tablées. On y boit, on y chante, on y danse, on profite de la tire sur glace, on fait un tour en traineau à chiens ou en charrette, on fraternise, on parle fort, on rit encore plus fort, on se dégrafe discrètement le bouton du pantalon parce que toute la bouffe est à volonté, on oublie qu’on a dépassé le seuil du raisonnable depuis longtemps, on met un mouchoir sur sa glycémie, et il y a tellement de chaleur en d’dans qu’on oublie les gros bancs de neige dehors.
Le Temps des Sucres, c’est de la convivialité pure, pure sirop d’érable, en train de bouillir à l’arrière et qui embaume toute la campagne.
Le Temps des Sucres, c’est un moment crucial pour « la business » des acériculteurs, ça fait une grosse partie de leur chiffre d’affaires de l’année. Et voilà que cette année, une pandémie mondiale a annulé le Temps des Sucres. Alors même que cette saison, les acériculteurs le disent, la récolte est exceptionnelle, les érables coulent à flots.
Alors, comme l’a dit notre Ricardo national, « cette année, nous nous devons d’acheter deux fois plus, trois fois plus de sirop d’érable que d’habitude » ! … et de faire notre cabane à sucres … à la maison.

Tandis que nous avons effectivement commandé le double de bouteilles de sirop d’érable à notre acériculteur de Beauce par rapport aux années précédentes, j’ai invité Monsieur Tendre à un brunch style « cabane à sucres » pour un de ces dimanches de confinement. Pour l’occasion, j’ai décidé de faire un pain maison. Oui, c’est devenu super tendance, ces jours-ci. Mais le mien, rien à voir avec le pain de la boulangerie. C’est un pain de patates douces.
Je l’ai imaginé pour accompagner les fèves au lard et au sirop d’érable (confession de vous à moi : j’en raffffffffooooooooole !!!! je suis complètement dingue des fèves au lard, c’est un de mes péchés mignons pas vraiment « healthy ».), ainsi que le bacon et les oeufs brouillés.

Je l’ai imaginé parfumé, avec un peu de croquant, dense et moelleux à la fois. Je l’ai imaginé ensoleillé, un soleil de Provence, de croisière en Méditerranée. La cuisine, elle nous offre de continuer de voyager sans sortir de chez nous : pourquoi s’en priver ?!

Allez ! zouh ! aux fourneaux !

Ma recette de pain de patates douces aux graines de fenouil, HE de Romarin à cinéole – Sans Gluten.

Ingrédients pour 1 pain  

  • 350 g de patates douces oranges
  • 250 g de farine de quinoa
  • 8 g de levure boulangère
  • 1 cuillerée à café de graines de fenouil
  • 15 g de graines de lin
  • 30 g de graines de courge
  • 3 oeufs
  • 30 ml d’huile d’olive
  • 1 cuillerée à café rase de sucre de canne
  • 2 gouttes d’huile essentielle de Romarin à cinéole (Rosmarinus officinalis CT cineole)
  • Sel, poivre

Ma préparation :
Pelez les patates douces puis coupez-les en cubes et placez-les dans une casserole. Couvrez-les d’eau bouillante et faites cuire à feu vif pendant 20 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient extra tendres.
Dans un petit bol, déposez la levure de boulangerie avec le sucre de canne, et versez 2 cuillerées à soupe d’eau chaude mais pas bouillante (60°) dessus, puis laissez reposer 10 minutes pour que ça gonfle.
Égouttez les patates douces et transvasez-les dans la cuve d’un blender avec les oeufs. Mixez pour obtenir une purée lisse. Versez-la dans une jatte. Incorporez la farine peu à peu en mélangeant avec une cuillère en bois.
Ajoutez ensuite les graines de lin préalablement moulues, les graines de fenouil et les graines de courge. Mélangez l’huile d’olive et l’huile essentielle de Romarin à cinéole, puis ajoutez dans la préparation, et brassez bien. Enfin, incorporez la levure de boulangerie et mélangez bien. Transvasez dans un moule à pain en silicone (ou à défaut un moule à manqué en silicone) ; couvrez d’un linge propre et laissez reposer pendant 1 heure dans un endroit chaud et sec. La pâte va doubler de volume.
Préchauffez le four à 350°F (180°C).
Placez le moule dans le four et faites cuire pendant 50 minutes. Vérifiez la cuisson à l’aide de la pointe d’un couteau. Poursuivez la cuisson 10 minutes, éventuellement en couvrant le pain d’un papier cuisson ou d’un papier aluminium si sa surface est déjà bien dorée (c’est ce que j’ai eu à faire).
À la fin de l’heure de cuisson, lorsque j’ai retiré le couteau du pain, il n’était pas tout à fait sec, mais j’ai tout de même arrêté la cuisson, et retiré le pain du four en le laissant couvert. Le résultat final était parfait.
Je vous recommande de faire la cuisson du pain le soir et de le laisser reposer la nuit entière, couvert, avant la dégustation. Pour sa conservation, enveloppez-le dans un linge propre, et vous pourrez le savourer pendant 3 jours.

Pour notre brunch style « cabane à sucres », nous avions donc préparé :
– les fèves au lard. Pour cela, j’ai suivi cette recette (clic) en remplaçant la mélasse par du sirop d’érable et j’en ai mis seulement 3/4 tasse.
– le bacon, que je cuis au four à 400°F pendant 20 minutes, puis que je sèche sur du papier absorbant. Il est ainsi beaucoup moins dégoulinant de gras que lorsqu’il est frit à la poêle.
– des crêpes délicieuses … faites par Monsieur Tendre, selon sa recette qu’il ne divulgue pas. Ah ah ah !
– des oeufs brouillés au cheddar
– le pain de patates douces
– des fruits frais
…. et bien sûr, beaucoup de sirop d’érable pour arroser tout cela.

Superbement parfumé comme je le souhaitais, ce pain sans gluten est une gourmandise en soi, qui se mariait fort bien avec les oeufs, le bacon et les fèves au lard.

Nous l’avons ensuite utilisé en collation nature ou avec du houmous ; également en sandwich. Il s’accorde bien aussi dans une version sucrée, au petit-déjeuner ou au goûter, tartiné de miel ou de marmelade d’oranges.

Le romarin est une grande classique des herbes aromatiques du pourtour méditerranéen, et il est utilisé tant dans les préparations culinaires que pour ses vertus médicinales et aussi dans le cadre spirituel depuis des milliers d’années. On retrouve de nombreux écrits sur les « pouvoirs » du romarin. Au Moyen-Âge, pendant les grandes épidémies de peste, le romarin était utilisé en fumigation pour assainir l’air, et les gens en portaient une botte sur eux, autour du cou et le respiraient lorsqu’ils devaient approcher des personnes contaminées. De nos jours, il reste très réputé, notamment sous sa forme d’huile essentielle, pour ses propriétés d’aide au système digestif, de protecteur hépatique, et également de soulagement des infections des voies respiratoires et des congestions pulmonaires.

Si vous testez cette recette de pain de patates douces aux graines de fenouil et huile essentielle de Romarin, ça me fera très plaisir que vous me laissiez un commentaire ci-dessous, ou que vous me taguiez sur vos publications de réseaux sociaux avec le #nathydeurveilher ou le @nathydeurveilher.

Bonne dégustation ! Prenez soin de vous ! Protégez vous, et les autres !