Synergie : la formule mathématique inédite des huiles essentielles

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Synergie : la formule mathématique inédite des huiles essentielles

Aujourd’hui, je m’apprête à chambouler une de vos convictions fondamentales profondes.
Une vérité qui vous a été inculquée dès la petite enfance avec force répétition et à bout de doigts.
Il se peut que votre cerveau la rejette.
Tout comme la Renaissance a rejeté la Terre ronde de Galilée.
Et pourtant : la Terre est ronde !
Et pourtant : cette formule mathématique est vraie. Et scientifiquement démontrée.







Si je vous demande :

1 + 1 =    ?

Votre jeune enfant sera capable de vous répondre fièrement :

2 !

Et vous approuverez car c’est effectivement la bonne réponse, celle que vous lui avez enseignée, celle qui vous a été enseignée.

Mais en fait …

Il existe une autre vérité.

Pas une vérité alternative ou farfelue.

Une vérité différente et réelle.

Si je vous demande :

1 + 1 =  ?

Et que vous vivez dans l’univers des plantes médicinales et des huiles essentielles, vous me répondrez fièrement :

11 !

Et je vous approuverais car c’est effectivement la bonne réponse.

C’est la formule mathématique préférée des huiles essentielles !

« 1 + 1 = 11 » nous fait pénétrer au coeur même d’un des plus grands secrets et mécanismes d’action thérapeutique des huiles essentielles.

Nous appelons cette formule, ce secret : SYNERGIE.

En Grec, on parle de « sunergia« , qui se traduit par « coopération« .

Mais c’est bien insuffisant pour exprimer la réalité de cette formule et surtout de ses conséquences.
Alors plutôt qu’à la racine grecque, mieux vaut se référer au vieil adage :
 » Le tout est plus grand que la somme des parties ».

 » Le tout est plus grand que la somme des parties ».

Selon Monsieur Larousse et son estimé dictionnaire, une des définitions du terme « synergie » est : « Association de plusieurs médicaments dont les modes d’action différents se renforcent. « 

Est-ce que la chandelle commence à s’éclairer au plafond ?

Si vous me suivez depuis un moment sur ce blog, ou sur ma page Facebook, ou sur ma chaîne YouTube, ou dans la vie de chair et d’os , vous aurez assurément remarqué que dans une grande majorité des cas, on associe les huiles essentielles entre elles en vue d’obtenir un certain résultat.

Ce n’est pas parce que l’huile essentielle toute seule n’est pas efficace.
Au contraire.  
L’huile essentielle de Menthe poivrée (mentha piperita) toute seule va soulager votre mal de tête.
L’huile essentielle de Gingembre (zingiber officinale) toute seule va éliminer vos nausées.
L’huile essentielle de Lavande vraie (lavandula aungustifolia) toute seule va apaiser une brûlure.
L’huile essentielle de Géranium rosat (pelargonium graveolens) toute seule va contribuer à éloigner les moustiques.

Ce qui est fascinant en aromathérapie, c’est qu’il a été démontré que les huiles essentielles répondent à un double mécanisme de synergie quant à leur efficacité thérapeutique.

La première synergie « le tout est plus grand que la somme des parties » s’applique à la composition biochimique même de l’huile essentielle.

Une huile essentielle est composée de plusieurs dizaines voire au-delà d’une centaine de molécules thérapeutiques différentes – appelées aussi principes actifs.
Chaque type de molécule a plusieurs actions thérapeutiques.

Ainsi, l’on sait que :

  • le linalol a des propriétés antimicrobiennes, hypotensives, antalgiques, relaxantes et antiseptiques ;
  • le b-caryophyllène est anti-inflammatoire, antalgique, immuno-modulant ;
  • l’acétate de linalyle est sédatif, anxiolytique, spasmolytique ;
  • l’ alpha-terpinéol est antibactérien, antifongique et anti-viral ; etc, etc …
    = autant de molécules qui composent l’huile essentielle de lavande vraie (lavandula angustifolia) dans des pourcentages variables.

Cependant, les expérimentation scientifiques des Drs Christian Duraffourd et Jean-Claude Lapraz (chercheurs et médecins mondialement réputés et fondateurs de la Société Française de Phytothérapie et Aromathérapie) ont démontré dès 1972, d’une part qu’il est erroné de rattacher les vertus thérapeutiques d’une huile essentielle directement à la présence d’un composé chimique spécifique et d’autre part que c’est effectivement le « totum » de l’huile essentielle, donc sa composition globale, qui engendre son activité et son profil thérapeutiques.

Prises séparément, les molécules actives d’une huile essentielle sont moins efficaces que lorsqu’elles sont utilisées dans leur ensemble au sein même de l’huile essentielle.

Je vous propose d’illustrer ce premier aspect de la notion de synergie, extrêmement déterminante en aromathérapie, avec deux exemples, celui de l’huile essentielle d’Arbre à thé ou Tea Tree (Melaleuca alternifolia) et celui de l’huile essentielle de Laurier noble (Laurus nobilis).

Tout d’abord, l’HE de Tea Tree, parmi ses grandes propriétés antibactérienne, antivirale, fongicide, et parasiticide, est particulièrement réputée pour son action très puissante sur les virus de l’herpès. Dans le milieu scientifique, les Drs Astani et Schnitzler sont considérés comme des spécialistes mondiaux des virus de l’herpès. Dans leur étude publiée en mai 2010 « Comparative study on the antiviral activity of selected monoterpenes derived from essential oils » (1), ils ont montré que l’huile essentielle de Tea-Tree permet de réduire de 98% la présence du virus de l’herpès 1 (HSV1) et de 93% la présence du virus de l’herpès 2 ( HSV2) sur les lésions herpétiques. Et surtout, ils ont clairement établi que l’efficacité est due au totum : l’HE de tea tree a révélé un indice de sélectivité 10 fois plus élevé que les molécules monoterpéniques prises isolément ( alpha-pinène et alpha-terpinéol).
Second exemple tout à fait fascinant , celui documenté par J. Luna-Herrera et al., paru en 2007 dans le Journal of Antimicrobial Chemotherapy (2): cette étude avait pour objet de déterminer le potentiel antimycobactérien de l’huile essentielle de Laurier noble, de ses fractions et de ses deux lactones sesquiterpéniques (deux types de molécules actives qui entrent dans la composition biochique de l’HE de Laurier noble)  vis-à-vis de plusieurs souches mycobactériennes. Les résultats sont édifiants ! L’activité antimycobactérienne contre les isolats cliniques de Mycobacterium Tuberculosis résistants aux médicaments était meilleure pour le mélange, autrement dit l’huile essentielle dans son totum, que pour les composés purs, autrement dit les molécules actives individuelles.

Comme on dit si bien : CQFD !  🙂

La deuxième synergie « le tout produit davantage que la somme des parties » s’applique à l’utilisation traditionnelle des huiles essentielles, que l’on associe entre elles pour obtenir un meilleur résultat thérapeutique selon l’objectif visé.

 Ce principe du « mélange » des HE est désormais très documenté dans la recherche scientifique moderne ; et celle-ci tend à confirmer systématiquement l’effet synergique de ces associations.

Souvent, mes clients ou les personnes qui participent à mes ateliers/conférences/cours me questionnent : « pourquoi avoir plein d’huiles essentielles différentes alors que beaucoup ont les mêmes propriétés thérapeutiques ? « 

Je leurs réponds toujours en souriant qu’il s’agit de propriétés générales, et que chaque HE est unique dans sa composition ce qui rend son mode d’action individuel à la fois particulier et spécifique.
Donc en associant plusieurs HE ayant des propriétés thérapeutiques à priori identiques ou proches, on multiplie le potentiel d’action et de résultat.

J’ai l’habitude de comparer cela à un puzzle.

Lorsque l’on regarde les pièces d’un puzzle, chacune est constituée de carton et chacune comporte des couleurs, parfois, souvent, plusieurs pièces ont les mêmes couleurs et des formes très similaires.

Dans le cas d’un puzzle, une pièce solitaire n’a pas grande utilité au contraire d’une huile essentielle utilisée individuellement qui se montrera efficace.

Mais tout comme un puzzle avec ses pièces, lorsque l’on assemble entre elles des huiles essentielles, elles finissent par former un tout supérieur à leur somme, un tout unique avec une efficacité démultipliée.

C’est exactement le concept de la synergie… sur lequel s’établit l’aromathérapie.  

Lorsque l’on examine la littérature scientifique consacrée à l’utilisation des huiles essentielles dans les traitements des infections microbiennes, ce sont pas moins de 600 combinaisons /mélanges / synergies d’huiles essentielles qui ont pu être répertoriées (3).

Dans une majorité de ces cas, on remarquera notablement l’intégration de l’huile essentielle de lavande vraie (lavandula angustifolia) dans ces mélanges.
Une étude publiée en mai 2013 s’est d’ailleurs penchée sur le sujet avec un intitulé évocateur : « L’activité antimicrobienne in vitro de l’huile essentielle de Lavandula angustifolia en combinaison avec d’autres huiles aromatiques thérapeutiques »(4). Dans celle-ci, les auteurs ont, entre autres résultats, montré l’efficacité de la combinaison de l’HE de Lavande vraie avec l’HE d’orange (Citrus sinensis) dans la réduction de Staphylococcus aureus. Et ils ont conclu de la manière suivante : « Dans des proportions de 1: 1, 75,6% des huiles essentielles étudiées présentaient des résultats synergiques ou additifs, ce qui conférait une crédibilité in vitro à l’utilisation de mélanges d’huiles essentielles dans des pratiques aromatiques et thérapeutiques. »

Autre exemple de ce concept de synergie en aromathérapie : la lutte pour l’élimination des larves de moustiques anophèles représente un enjeu de santé majeur au niveau mondial car les anophèles sont vecteurs de paludisme, une maladie tropicale qui a touché 219 millions de personnes dans le monde en 2017 et provoqué 435 000 décès (* source OMS – rapport du 19 novembre 2018)
Une étude parue en 2017 dans la revue scientifique Parasites & Vectors (5) avait pour but de mesurer l’efficacité larvicide des HE de Cannelle de Chine (cinnamomum cassia) et de Clou de girofle (Eugenia caryophyllata), prises séparément puis mélangées ensemble. Les résultats ont démontré une efficacité supérieure lorsque les deux HE étaient mélangées… et que la proportion d’HE de Cannelle était plus importante.

1 + 1 = 11.

Au-delà de l’efficacité supérieure, travailler sur le principe de la synergie en aromathérapie permet aussi :

a) de réduire des effets non souhaités de certaines huiles essentielles.
Exemple : l’huile essentielle de Menthe poivrée est fabuleuse pour soulager les maux de tête. Mais elle est hypertensive. L’huile essentielle de Lavande vraie est également réputée pour son action sur les maux de tête, avec une action plus douce que la menthe poivrée. Et elle est hypotensive.
Donc pour les personnes qui souffrent régulièrement de maux de tête ou bien qui ont des maux de tête violents et qui font de l’hypertension, ce sera tout à fait judicieux d’employer un mélange combinant ces deux HE, avec une dominance de Lavande pour contrecarrer l’effet hypertensif de la menthe poivrée.
Ainsi, une synergie prête à l’emploi que je recommande à mes client.e.s souffrant de migraines ou céphalées est le PastTense de dōTERRA qui applique à merveille ce principe avec un pourcentage de Lavande vraie supérieur à la proportion de Menthe poivrée.

b) d’élaborer des mélanges très pointus pour répondre au mieux à chaque contexte individuel.
Exemple : poursuivons avec le thème de la tension artérielle.
Pour une personne qui souffre d’hypertension et qui est très agitée, angoissée, stressée ; nous pourrons alors établir une combinaison d’huiles essentielles intégrant entre autres la Lavande et l’Ylang ylang, cette dernière étant parfaite pour calmer, relaxer et agir sur les angoisses. A contrario, si la personne fait de l’hypertension mais qu’elle indique souffrir d’un manque d’énergie, de fatigue, d’absence d’entrain ; dans la synergie nous remplacerons alors l’ylang ylang par de l’huile essentielle de gingembre qui va la soutenir et la dynamiser tout en jouant son rôle de régulation de la tension.
c) mettre en place une véritable approche holistique, et travailler sur le terrain du problème de santé ou du mal-être, et pas seulement sur le symptôme.
d) proposer des synergies « prêtes à l’emploi » pour faciliter l’utilisation des huiles essentielles par Mr & Mme Tout-le-monde tout en bénéficiant d’une efficacité avérée sur le plus grand nombre.
S’agissant d’ailleurs de ces mélanges tout prêts disponibles dans le commerce, je vais me permettre un bon conseil : FUYEZ les préparations qui se vantent de contenir une quantité impressionnante d’huiles essentielles différentes : 18, 25, 40 huiles essentielles dans le même mélange !!! ÇA NE SERT À RIEN.
Et non seulement ça ne sert à rien, mais ça multiplie le risque de créer des interactions antagonistes, autrement dit que l’action d’une HE annule l’action de l’autre. Une synergie n’est pas une addition des effets, mais une imbrication : pensez à l’image du puzzle. 🙂

Chez moi, à l’île de La Réunion, l’usage traditionnel conseille d’utiliser 3 à 5 huiles essentielles dans un mélange. C’est aussi ce que j’ai appris en école d’aromathérapie … même si dans la pratique, y compris la pratique des aromatologues de renom (Michel Faucon, Dominique Baudoux, Daniel Penoël, Jean Valnet, Pierre Franchomme, etc…) , on va élaborer des synergies pouvant intégrer jusqu’à une dizaine d’huiles essentielles différentes. Mais rarement au-delà ! Et sûrement pas dans un mélange destiné au tout-venant sans contrôle ni supervision.

1 + 1 = 11.

Le tout est plus grand que la somme des parties.

Les mécanismes de synergie des huiles essentielles ne s’arrêtent pas là. Mais pour la suite, vous devrez patienter au prochain épisode car nous entrerons- là dans des considérations très différentes … qui risque de secouer encore plus vos a priori !

J’espère avoir pu éclairer votre compréhension de l’art des huiles essentielles et démystifier certains points sur l’efficacité de ces magnifiques essences aromatiques.
À retenir aussi : que cette efficacité est d’autant plus probante lorsque l’on a la garantie d’utiliser des huiles essentielles de haute qualité ! C’est le point de départ pour bien / mieux prendre soin de soi naturellement.

Feuilles de Géranium rosat

Le don d’une plante utile me paraît plus précieux que la découverte d’une mine d’or, et un monument plus durable qu’une pyramide (Bernardin de Saint-Pierre)


(1) Astani A1Reichling JSchnitzler P. Comparative study on the antiviral activity of selected monoterpenes derived from essential oils. Phytother Res. 2010 May;24(5):673-9. doi: 10.1002/ptr.2955.
(2) http://www.aromaticscience.com/synergistic-antimycobacterial-activities-of-sesquiterpene-lactones-from-laurus-spp-2/
(3) Lawless J.  The Illustrated Encyclopedia of Essential Oils: The Complete Guide to the Use of Oils in Aromatherapy and Herbalism.Rockport, Mass, USA: Element Books Limited; 1995.
(4) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3666441/
(5) https://parasitesandvectors.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13071-017-2355-6


By |2019-07-08T23:12:22-05:00juillet 2nd, 2019|Aromathérapie|1 Comment

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One Comment

  1. Renée-Maude juillet 9, 2019 at 10:13 - Reply

    Wow

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