Printemps au Marais.

Hiver croqua ses mitaines.
Printemps rappela sa Marraine.
Celle-ci n’étant pas sorcière
C’est Patience qu’elle infusa dans sa chaudière.
Pour l’éclosion de sa nouvelle genèse
Nature prend son temps et ses aises.

Au Marais Léon Provancher
Elle dressa une armée
De squelettes fibreux, gris, bruns, élancés,
Au garde-à-vous formant muraille :
⏤ Ne pénétrez pas en mes entrailles !
Elle érigea une nuée de bras chétifs
Figurant tant de lances, pics et hallebardes,
Admonestation céleste envers les plus rétifs :
⏤ Tenez en respect ma vénérable et végétale harde !

Le ressac d’Ecole dans les branches décharnées
Enflait un murmure hypnotique
Comme une brassée de marées,
Menace moins barbare que poétique.
Aux pieds du régiment boisé
S’étendaient telles des douves, maigres fossés,
D’indispensables marais vernaux
Pas loin de prendre des airs de marigots.
Y prenaient caserne, avant-garde assassine,
Des bataillons de vampires appelés Maringouins
Chargés de faire fuir les maudits humains,
Qui de leurs souliers inconscients piétinent
Les pousses, les oeufs, les bourgeons, les nids ;
Tout ce qui fragile sous les roches, entre les racines,
Perpétue le sacré, le cycle de la vie.

Nathy d’EurveilherPrintemps au Marais, 3 mai 2021

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