Pensées macérées

J’envie celles et ceux qui écrivent sur l’instant
Leurs pensées, humeurs et sentiments,
Colères, craintes, chagrins et frayeurs
Mis à plat dans la minute ou dans l’heure.

Moi, j’les marine comme la viande dans le pinard.
J’ai les angoisses bourguignonnes
Et la rate qui se court-bouillonne.
Je me raisonne, me rentre dans l’lard :
Chou blanc. Mon zen prend le maquis
Mon esprit s’enflamme, ça sent le roussi.
Dessus, le couvercle je pose pour l’étouffer.
Entre dire à demi mot ou bien trop révéler
Puis être brûlée, ou pire, comme si souvent blessée.

Plus ça me touche et moins je le couche
Sur le papier pas de si tôt mais bien plus tard,
Après avoir mitonné dans les sueurs du plumard
Des nuits blanches façon blanquette
— l’esprit aux abois, les carottes sont cuites !
Au petit matin la migraine me guette
— comme une gueule de bois, une méchante cuite !
Flacon de toutes mes pensées macérées,
Longtemps ! comme les meilleurs rhums arrangés.

Mes souffles courts, mes haut-le-cœur,
Mes effrois, révoltes et douleurs,
Et puis mes rêves, espérances et bonheurs
Mijotent à petit feu en mon for intérieur.

C’est peut-être pour cela qu’il me faut tant de mots,
Phrases longues et virgules à gogo,
En fait, tout le cheptel de ponctuations
Pour les méandres de mes émotions
Intimes qui s’impriment incognito
Dans un conte, une nouvelle de fiction,
Catharsis de la feuille et du stylo.

 

Nathy d’Eurveilher – Pensées macérées, 15 avril 2021.
©Tous droits réservés


 

 

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