La Sauge : vertus de l’Herbe de Marie ou Herbe des Femmes.

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La Sauge : vertus de l’Herbe de Marie ou Herbe des Femmes.

La sauge … ahhhhh … la sauge, fabuleuse plante médicinale utilisée depuis la nuit des temps aux quatre coins du monde.

Si vous surfez sur le web, vous pourrez voir que certains sites racontent que « dans la Bible, la sauge sauve Marie et Jésus pourchassés par les soldats d’Hérode ».
Et bien sachez que c’est de l’intox ! C’est complètement faux. J’ai lu les quatre évangiles de la Bible et il n’est nullement fait mention de cet épisode de la sauge. Marie, Joseph et Jésus réussissent à échapper à la traque du roi Hérode parce que l’Archange Gabriel est apparu à Joseph et lui a dit de fuir en Égypte avant l’arrivée des soldats (Ma 2, 13)

Alors, me direz-vous, d’où vient cette fausse information qui circule ?

Et bien, elle nous arrive du Moyen-âge et de la Provence !
À partir du Moyen-Âge, commence à se développer une nouvelle tendance, celle des contes inspirés des évangiles apocryphes (autrement dit, des évangiles non reconnus officiellement par l’Église).
C’est à cette époque-là aussi, au XIIème siècle, qu’apparaît grâce à la plume de Chrétien de Troyes la légende du Roi Arthur et de la quête du Saint Graal inspirée de l’évangile apocryphe de Nicodème – Nicodème dont nous avons parlé dans l’Aroma-Live sur la myrrhe ; c’est celui qui apporte la myrrhe et l’aloès pour l’embaumement du corps du Christ. Mais bon, je digresse ! Excusez-moi …

Parmi ces nouveaux contes, il en est un qui circule en Provence, c’est celui de la petite sauge et de la Vierge Marie. En ce temps-là, la sauge est déjà une plante sacrée, à la très grande réputation pour ses multiples vertus médicinales et pour ses pouvoirs sur le plan spirituel. Or, la Provence est une terre de prédilection où pousse la sauge en abondance, et c’est aussi une terre où la foi en la Vierge Marie est très développée. Donc, il semble naturel qu’un conte se soit forgé autour de cette herbe miraculeuse et de la Sainte Mère de Jésus.

Avez-vous envie de le découvrir ?
Personnellement, j’adoooooooore les contes, et j’adoooooooore les raconter ! Alors, je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous  :

Tandis que les bourreaux du roi Hérode, féroces et tout couverts de sang, fouillaient la région de Bethléem pour égorger les petits enfants, Marie se sauvait à travers les montagnes de Judée, serrant le nouveau-né sur son cœur tremblant.

Joseph courait à l’avant lorsqu’ils apercevaient un village, pour y demander l’hospitalité ou même un peu d’eau pour baigner le petit.

Hélas, les gens étaient ainsi faits, dans ce pays si triste, que personne ne voulait rien donner, ni eau, ni abri, pas même une bonne parole.

Or, tandis que la pauvre mère se trouvait ainsi seule, assise au bord du chemin pour allaiter le petit, tandis que son époux menait l’âne à boire à un puits communal, ne voilà-t-il pas que des cris se firent entendre à peu de distance.

En même temps, le sol trembla sous le galop des chevaux approchants.

– Les soldats d’Hérode !

Où se réfugier ? Pas la moindre grotte, ni le plus petit palmier.
Il n’y avait près de Marie qu’un buisson où une rose s’ouvrait.

« Rose, belle rose, supplia la pauvre mère, épanouis-toi bien et cache de tes pétales cet enfant que l’on veut faire mourir, et sa pauvre mère à demi-morte. »
La rose, en fronçant le bouton pointu qui lui servait de nez, répondit :
« « Passe vite ton chemin, jeune femme, car les bourreaux en m’effleurant pourraient me ternir. Vois la giroflée, tout près d’ici. Dis-lui de t’abriter. Elle a assez de fleurs pour te dissimuler.

– Giroflée, giroflée gentille, supplia la fugitive, épanouis-toi bien pour cacher de ton massif cet enfant condamné à mort et sa maman épuisée. »
La giroflée, tout en secouant les petites têtes de son bouquet, refusa sans même s’expliquer :
« Va, passe ton chemin, pauvresse. Je n’ai pas le temps de t’écouter. Je suis trop occupée à partout me fleurir. Va voir la sauge, tout près d’ci. Elle n’a rien d’autre à faire que la charité.

– Ah ! Sauge, bonne sauge, supplia la malheureuse femme, épanouis-toi pour cacher de tes feuilles cet innocent dont on veut la vie et sa mère, à demi-morte de faim, de fatigue et de peur. »

Alors tant et si bien s’épanouit la bonne sauge qu’elle couvrit tout le terrain et de ses feuilles de velours fit un dais, où s’abritèrent l’Enfant Dieu et sa mère.

Sur le chemin, les bourreaux passèrent sans rien voir. Au bruit de leurs pas, Marie frissonnait d’épouvante, mais le petit, caressé par les feuilles, souriait.

Puis, comme ils étaient venus, les soldats s’en allèrent.

Quand ils furent partis, Marie et Jésus sortirent de leur refuge vert et fleuri.
« Sauge, sauge sainte, à toi grand merci. Je te bénis pour ton bon geste dont tous désormais se souviendront. »

Lorsque Joseph les retrouva, il avait de la peine à soutenir le train de l’âne tout ragaillardi par une vaste platée d’orge qu’un brave homme lui avait donnée.
Marie remonta sur la bête en serrant contre elle son enfant sauvé.

Et Michel, l’archange de Dieu, descendit des hauteurs du ciel pour leur tenir compagnie et leur indiquer le plus court chemin par lequel se rendre en Égypte, tout doucement, à petites journées.

C’est depuis ce temps-là que la rose a des épines, la giroflée des fleurs malodorantes, tandis que la sauge possède , don de la Vierge Marie, tant de vertus guérissantes.

Ne trouvez-vous pas ce conte vraiment mignon ?

Vous pouvez le lire dans l’ouvrage intitulé « légendes et récits du temps de Noël » dont je ne me souviens plus de l’auteur et que vous avez plus de chance de trouver dans une bouquinerie d’occasion que dans un grand magasin de livres neufs !

Pour revenir à notre propos, il est un vieux dicton en Provence qui dit :

« Qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin. »

Cette notion de plante curative quasi miraculeuse est engrammée dans le nom même de la sauge : SALVIA, qui en latin signifie « je sauve » ou « qui sauve la vie ».
Et même plus, puisque la dénomination complète de la variété de sauge qui pousse en Europe est Salvia officinalis : officinalis indiquant clairement ses qualités médicinales.

En France, on la surnomme l’Herbe de Marie ou la Feuille de la Vierge … et vous le verrez, ce n’est pas pour rien que la sauge est si intimement associée à une figure féminine.

En Europe, la sauge est considérée comme sacrée depuis des lustres !

Chez les Romains, seules les jeunes femmes vierges et pures avaient le droit de la cueillir ; et chez les Celtes, les druides qui s’en allaient la récolter le faisaient au cours de cérémonies solennelles, toujours avec une serpe d’or pour honorer la plante.
La sauge servait à la fois pour les rites religieux, pour entrer en connexion avec les esprits divins de la Nature et les dieux, et pour se protéger des influences néfastes et esprits mauvais. Dans cette optique, elle était utilisée en fumigation, et l’on retrouve cette pratique dans maintes cultures différentes, des amérindiens, aux médecins chinois en passant par les chamans sud-américains.

Les druides préparaient des remèdes à base de sauge pour soigner les rhumatismes, les mauvaises toux, les fièvres, les convulsions (ce qui est d’autant plus probable que la science moderne a démontré l’action puissante de la sauge comme antispasmodique neurotrope). La sauge leur servait également à favoriser la conception d’un enfant et à faciliter l’accouchement.

Cet usage d’ailleurs, remonte bien avant l’époque des druides, puisque déjà dans l’Antiquité égyptienne, les femmes consommaient des infusions de sauge pour accroitre leur fertilité.

Dioscorides, illustre botaniste, herboriste et médecin grec, que l’on considère comme le père de la pharmacologie, utilisait systématiquement la sauge pour traiter les pathologies féminines.

Si elle est effectivement considérée comme l’Herbe des Femmes, c’est parce que la sauge contient des molécules dites œstrogène-like ; c’est-à-dire qui mime les œstrogènes.
Elle va donc développer de nombreuses propriétés agissant sur la sphère hormonale féminine :

  • régulatrice du cycle menstruel
  • régulatrice des menstruations dans les cas d’oligoménorrhées ou d’aménorrhées
  • calmante des règles douloureuses
  • régulatrice des effets de la ménopause, elle est notamment très efficace pour lutter contre les fameuses – et désagréables – bouffées de chaleur, la transpiration excessive ou encore la sécheresse vaginale .

De nos jours, les femmes européennes se précipitent dans les boutiques bio et dépensent des fortunes pour acheter de la poudre de maca, une plante originaire du Pérou, alors qu’en aromathérapie et phytothérapie, la sauge leur sera d’un aussi bon recours.

  • stimulante ovarienne, elle agit sur la fertilité tout en favorisant la libido féminine
  • par contre, son usage est strictement interdit tout au long de la grossesse car la sauge est un tonique utérin. Elle va donc provoquer des contractions et de ce fait des risques de fausses couches.
  • A contrario, c’est précisément la raison pour laquelle elle est utilisée de manière ancestrale pour aider à l’accouchement.
  • La sauge est à bannir pour les jeunes mères qui allaitent car elle a des propriétés anti-galactogènes, autrement dit elle stoppe la lactation. Elle sera alors intéressante à employer au moment du sevrage du bébé, pour arrêter la production du lait maternel.
  • Enfin, il est important de noter que les femmes ayant des antécédents de cancer hormono-dépendant ne doivent surtout pas consommer de remèdes à base de sauge, du fait justement de l’impact de celle-ci sur la sphère hormonale.

En phytothérapie et aromathérapie, nous allons distinguer la sauge officinale (salvia officinalis) de la sauge sclarée (salvia sclarea).
C’est la seconde qui aujourd’hui est principalement considérée pour son action oestrogène-like. Quant à la première, c’est elle qui est davantage  réputée pour ses propriétés antivirale, bactéricide, antifongique, anticellulitique, etc.
En fonction des cas, nous utiliserons plutôt l’une ou plutôt l’autre, voire une synergie conjuguée des deux.

Les vertus thérapeutiques de la sauge sont loin de se restreindre à ce seul champs, sans compter son utilisation traditionnelle pour la purification des lieux, des personnes, des objets et dans le monde de la spiritualité. Je vous propose de développer ces autres aspects dans de prochains articles.

Je vous propose maintenant quelques formules à la sauge pour vous aider à soulager certains désagréments possibles :

1/Synergie aromatique pour les bouffées de chaleur (ménopause) :

3 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée (mentha piperita)
3 gouttes d’huile essentielle de cyprès de Provence (cupressus sempervirens)
3 gouttes d’huile essentielle de sauge sclarée (salvia sclarea)
2 gouttes d’huile essentielle d’ hélichryse italienne (helichrysum italicum)

Conseils d’utilisation : 2 gouttes du mélange sur un petit morceau de sucre ou dans une cuillère à café d’huile d’olive ou de sirop d’érable, 2 à 3 fois par jour + 3 gouttes à appliquer en massage léger sur le plexus solaire 2 fois par jour, en fonction des besoins.

2/ Bain de siège pour les infections urinaires :

500 ml d’eau froide
1 cuillerée à soupe de feuilles de sauge séchées

Préparation : Déposez les feuilles de sauge dans l’eau froide, dans une casserole. Portez à ébullition et faites bouillir pendant 3 minutes, puis laisser infuser hors du feu, à couvert pendant 10 à 15 minutes, puis filtrez.
Conseil d’utilisation : dans une bassine ou un bidet, remplissez 15 cm d’eau tiède et ajoutez l’infusion de sauge. Trempez votre postérieur dans ce bain et nettoyez vos parties intimes à l’aide d’un gant, du haut vers le bas. Pensez à bien couvrir votre corps en dehors des parties nues dans le bain. Un bain de siège dure un minimum de 15 minutes et un maximum d’une heure. Vous pouvez répéter l’opération tous les jours pendant la durée de l’infection urinaire.

3/ Recette de shampoing pour cheveux gras

un flacon de 100 ml
5 gouttes d’huile essentielle de sauge sclarée (salvia sclarea)
5 gouttes d’huile essentielle de pamplemousse (citrus paradisii)
5 gouttes d’huile essentielle de cèdre de l’atlas (cedrus atlantica)
2 cuillerées à soupe d’huile végétale de noisette
shampoing neutre et bio, idéalement au germe de blé (qui protège la fibre capillaire)

Conseil d’utilisation : dans le flacon, versez l’huile de noisette, puis les trois huiles essentielles. Fermez le flacon, secouez-le pour bien émulsionner, puis remplissez-le avec le shampoing.
Lavez-vous les cheveux à l’eau tiède, appliquez le shampoing en massant doucement le cuir chevelu ; laissez le shampoing reposer pendant 5 minutes, puis rincez bien. Terminez à l’eau froide pour resserrer les pores du cuir chevelu.

Et si vous êtes curieuse / curieux de découvrir la valeur-ajoutée de l’aromathérapeute et ce qu’il peut vous apporter à vous personnellement, je vous invite à profiter ce mois-ci d’un des 5 Appels Découverte qui vous sont offerts ! Pour cela, il vous suffit de cliquer ICI !

Avec Bienveillance,

Nathy

By |2018-01-08T09:51:51-05:00janvier 4th, 2018|Aromathérapie, Phytothérapie, Vie pratique|0 Comments

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