Herbes de Provence, nos alliées pour l’hiver

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Herbes de Provence, nos alliées pour l’hiver

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand je vous dis « Herbes de Provence » ?
…. Mmmm ? ….

Des images de carte postale, avec le soleil éclatant qui baigne la Méditerranée si belle et bleue, les petits villages typiques du Sud de la France, les criques et les plages … celles et ceux qui y sont déjà allés, peuvent même entendre le chant des cigales et humer les parfums de la garrigue … et de la cuisine, les effluves odorantes aussi chatouillent nos narines à l’évocation des Herbes de Provence : des plats colorés, plein de beaux légumes, de l’amour mijoté en marmite, et des éclats de rire autour de la pizza rehaussée d’origan dégustée en terrasse avec un bon verre de vin rosé.

Bref, cela vous évoque beaucoup de choses, mais certainement pas l’hiver, le froid, le vent glacial, la neige en paquets, les chandails en laine, et cette fichue grippe qui vous enquiquine la vie !

Et pourtant, pourtant, à y regarder de plus près, et surtout à y regarder avec l’œil de l’herboriste ou de l’aromathérapeute, les Herbes de Provence semblent nous être données par Mère Nature, spécialement pour bien vivre l’hiver !

Ça vous étonne ?   D’ailleurs, savez-vous de quelles plantes il est question quand on parle des Herbes de Provence ?

Même s’il est intimement associé à la cuisine méditerranéenne, le basilic n’en fait pas partie.
Traditionnellement, on regroupe sous l’appellation Herbes de Provence le thym, le romarin, la marjolaine, l’origan et la sarriette.
Le laurier en est également exclu ; lui il se retrouve associé à des herbes de Provence dans « le bouquet garni » qui parfume nombre de plats mijotés.

Thym, romarin, marjolaine, origan et sarriette sont toutes des plantes appartenant à la famille botanique des Lamiacées.

Ah ah !!! On vient là de leur détecter un point commun !

L ‘autre point commun est que ce sont des plantes typiques du bassin méditerranéen : Provence, Italie, Corse, Grèce, mais aussi Maroc, Turquie, Croatie, etc.)
Autant de beaux pays ensoleillés au climat clément. Alors comment se fait-il que ces herbes soient d’aussi précieuses alliées en hiver ?

Le troisième point commun de ces 5 essences aromatiques tient dans leur composition biochimique et donc les principes actifs qui caractérisent ces plantes : elles contiennent toutes des molécules aromatiques de la famille des monoterpènes.
Et elles contiennent toutes aussi des molécules de la famille des monoterpénols. Alors, non, ce n’est pas du tout la même chose, même si les noms sont proches.

Commençons par les monoterpènes. Leurs propriétés principales sont :
– antiviral ¹
– tonique et stimulant généraux
– antiseptique atmosphérique
– décongestionnant respiratoire
– expectorant balsamique
– Immunostimulant
– Lymphotonique
– Cortison-like.

Vous voyez où je veux en venir … ? ça saute aux yeux quand même les beaux atouts des monoterpènes lorsque l’on est confrontés aux maux de l’hiver, n’est-ce pas ?!

Ah ! décryptage de vocabulaire : « cortison-like » cela signifie techniquement que cela va stimuler l’axe hypophyso-corticosurrénalien.

Vous êtes bien avancé avec ça, n’est-ce pas ? 🙂

Beaucoup plus simplement, ce sont des molécules qui vont avoir une action mimétique de la cortisone, c’est-à-dire que cela va imiter les effets de la cortisone…sans en provoquer les effets secondaires !

Et ça, moi, je trouve ça vraiment top ! Parce que si, comme moi, vous avez déjà eu un traitement à base de cortisone et notamment dans la durée, vous devez savoir que les effets secondaires des corticoïdes sont vraiment … oups ! j’allais dire un mot moche qui commence par « m » … sont vraiment désagréables et inconfortables, voilà, restons polis !

Attention, cela ne signifie pas que toutes les plantes contenant des monoterpènes sont cortison-like ! pas du tout. Car dans la famille des monoterpènes, il y a une grande variété de molécules et chacune de ces molécules a des propriétés qui lui sont spécifiques, et ces différentes molécules sont soit absentes soit présentes en quantités variables dans les huiles essentielles.

Par contre, il est important de savoir quelles sont les huiles essentielles qui contiennent des monoterpènes cortison-like, soit pour éviter de les recommander à une personne qui souffre d’une pathologie ou qui suit un traitement médical avec lesquels la cortisone est contre-indiquée. OU au contraire, pour spécifiquement choisir une de ces huiles essentielles pour aider la personne à surmonter un état inflammatoire majeur et prolongé.

Vous le voyez, l’aromathérapie est un art thérapeutique de précision. Je le dis et je le répète toujours : ce n’est pas inoffensif, ce n’est pas une médecine douce. C’est une médecine naturelle très puissante qui requiert, pour une utilisation optimale et sécuritaire, les conseils d’un professionnel. Et c’est bien pour ça, que j’ai mis au point cette offre de service, la Trousse Aroma personnalisée Hiver en Vitalité.

Deuxième groupe biochimique que l’on retrouve présent – sous une forme et dans des pourcentages variables – dans chacune des herbes de Provence – thym, romarin, origan, marjolaine, sarriette – ce sont les monoterpénols.

Les monoterpénols agissent en tant que :

– anti-infectieux à large spectre

– excellents antibactériens

– excellents antiviraux

– excellents anti-fongiques

– action anti-parasitaire, mais faible.

– bons toniques généraux et d’excellents neurotoniques

– soit immunostimulants (mais moins que les phénols) soit immunomodulants

 

Alors, alors, qu’en dites-vous de ça ?  De super propriétés thérapeutiques qui assurent l’efficacité des huiles essentielles, quand elles sont bien choisies et dosées !

Les monoterpènes et les monoterpénols ne sont pas les seules familles moléculaires qui composent ces plantes. On retrouve au moins 5 autres groupes biochimiques qui ont leurs spécificités.

Je ne vais pas tous les détailler dans cet article … par contre, j’aimerai vraiment attirer votre attention sur trois points supplémentaires qui sont importants et vous savez combien j’ai à cœur de vous sensibiliser non seulement sur le merveilleux pouvoir des plantes et huiles essentielles, mais aussi sur les précautions d’usage, parce qu’il y en a :

1/ Premièrement, dans les huiles essentielles issues des herbes de Provence, on va retrouver des molécules de la famille des phénols. C’est notamment le cas pour la sarriette des montagnes (satureja montana), la marjolaine des jardins (origanum majorana), le thym saturéoïdes (thymus vulgaris CT satureoides) et le thym à thymol (thymus vulgaris CT thymoliferum).

Les phénols sont des anti-infectieux ultra efficaces, et ils développent les mêmes propriétés que les monoterpénols mais de manière beaucoup plus puissante. Ils ne sont pas seulement antiviraux mais aussi virucides.

Par contre, les phénols comportent des contre-indications notables : ils sont strictement interdits aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’aux jeunes enfants. Les phénols sont très dermocaustiques, hypertenseurs, excitants, hépatotoxiques (à haute dose par ingestion). Qui plus est, un de phénols présent dans ces herbes de Provence est le carvacrol qui est le plus délicat des phénols.
Cela ne veut pas dire qu’il faut se priver de leurs usage, non car ils sont vraiment d’un recours très précieux. Cela veut dire qu’il faut bien savoir comment les utiliser correctement et surtout dans les bons dosages et les durées appropriées pour chaque cas et personne.

C’est donc pour ça d’une part, que je propose la Trousse Aroma Hiver, et d’autre part que j’anime une nouvelle session de cours sur le thème « Huiles essentielles des 4 saisons »

2/ Deuxièmement, certaines huiles essentielles issues des herbes de Provence contiennent également des cétones.

Les cétones ont une telle palette d’actions thérapeutiques et une telle efficacité que l’on ne peut pas s’en passer.
Par contre, si ces molécules sont très actives, elles ont également une inversion rapide des effets en fonction de la dose. Ça veut dire quoi ? Et bien, par exemple, à faible dose les cétones ont un effet calmant, sédatif ; alors qu’à dose plus élevée, ils sont épileptisants, autrement dit ils peuvent déclencher une crise d’épilepsie.

Avec les cétones, ce ne sont pas les seuls risques à prendre en compte : ce sont des molécules qui sont abortives (elles provoquent des fausses couches) et qui, mal employées peuvent s’avèrer neurotoxiques. Vous le voyez, ce n’est vraiment pas anodin.

Les huiles essentielles riches en phénols et/ou en cétones sont à manier non seulement avec précaution mais surtout avec l’appui de la connaissance professionnelle de ces molécules et de leurs impacts tant négatifs que positifs, bien sûr.

Et là, avec les cétones de qui on parle s’agissant des herbes de Provence ? de l’origan compact et du romarin …

3/ …ou plus exactement – et c’est mon troisièmement – DES romarins !

Car en aromathérapie, on en distingue au minimum trois : celui à camphre, celui à cinéole et celui à verbénone.
Et pas question d’interchanger l’un avec l’autre dans un usage thérapeutique ciblé.
Par exemple, il ne sera pas pertinent de choisir le romarin à camphre pour une action mucolylique (pour désencombrer les bronches) ; celui à verbénone sera au contraire plus efficace pour cela, mais il comporte davantages de contre-indications ; tandis que la présence de cétones étant très faible dans le romarin à cinéole, celui-ci peut être utilisé par tous (aux doses recommandées) et c’est la raison pour laquelle je l’ai choisi dans les deux astuces que je vous vais vous livrer ci-dessous.

L’aromathérapie est un art thérapeutique de précision qui doit être pratiqué avec responsabilité. Médecine naturelle, oui. Médecine douce, non. Thérapeutique puissante et efficace, oui.

Recette maison : infusion pour soulager un début de rhume ou de mal de gorge :

Faites chauffer 80 cl d’eau dans une casserole, jusqu’à frémissement.
Hors du feu, ajoutez 6 cuillerées à café bien pleines de thym séché ou bien une petite botte de thym frais.
Couvrez et laissez infuser de 10 à 15 minutes.
Puis, filtrez l’infusion.
Pressez le jus d’un citron, et ajoutez-le dans l’infusion.
Ajoutez aussi 1 belle cuillerée à soupe de miel additionnée de 1 à 3 gouttes d’huile essentielle de romarin à cinéole.
Délayez bien dans l’infusion, puis buvez-en une tasse toutes les deux heures au cours de la journée
… et vous m’en direz des nouvelles !

Recette maison pour calmer la toux grasse lors d’une bronchite :

… adaptée d’un remède de grand-mère qui est le cataplasme à la moutarde. Au Québec, on appelle cela la « mouche de moutarde ». D’ailleurs, si quelqu’un est capable de me dire pourquoi on appelle ça une « mouche », ça m’intéresse bien pour assouvir ma curiosité !

Donc, il vous faut :

  • de la poudre de moutarde
  • de la fécule (de maïs, de pomme de terre, ce que vous voulez). Je préfère la fécule à la farine car c’est plus fin, mais ça marche aussi avec une farine ordinaire.
  • des graines de moutarde
  • de l’huile d’amande douce (ou autre huile végétale … même de l’huile d’olive, à défaut)
  • de l’huile essentielle de romarin à cinéole et d’eucalyptus radié
  • une petite bande de gaz

Dans un bol, vous mélangez 3 cuillerées à café de moutarde en poudre et 3 cuillerées à café de fécule. Vous pilez 1 cuillerée à café de graines de moutarde et l’ajoutez. Vous mélangez 1 goutte de chaque huile essentielle dans l’huile d’amande douce, puis vous ajoutez dans le bol. Vous faites chauffer un peu d’eau et vous en versez un peu tout en mélangeant. L’eau chaude va activer les molécules aromatiques et permettre aussi d’obtenir une pâte épaisse.
Allongez-vous dans votre lit. Étalez la bande de gaz sur le torse, au niveau des bronches, et appliquez par-dessus le cataplasme. Couvrez-vous avec une couverture. Laissez appliquer pendant 15 à 20 minutes.

Cela va atténuer l’inflammation des bronches et favoriser l’expectoration.

Attention, il ne faut pas que le cataplasme soit brûlant. Certains l’appliquent directement sur la peau. Personnellement, je préfère mettre cette gaz légère pour éviter un contact direct et une brûlure de l’épiderme. Cela n’empêche nullement la diffusion des essences.

Ça ne sera pas suffisant pour vous soigner complètement, mais cela va permettre de vous soulager quand même pas mal. Et rappelez-vous : on ne laisse pas traîner une bronchite ou une toux sans traitement médical adapté !

¹ Astani A, Reichling J, Schnitzler P – Comparative study on the antiviral activity of selected monoterpenes derived from essential oils. Phytotherapy Research, 2010

Seul votre médecin traitant est apte à établir un diagnostic de votre état de santé. Les conseils et recommandations du présent site web ne constituent en aucun cas un diagnostic ni une prescription médicale.  Ils ne se substituent ni ne remplacent en aucun cas votre traitement médical qui ne doit pas être modifié sans l’avis de votre médecin. Les huiles essentielles, les compléments nutritionnels et autres produits naturels cités ne remplacent en rien les médicaments qui vous ont été prescrits; si les symptômes persistent ou s’aggravent, consultez votre médecin traitant.
By |2018-10-05T13:05:58-05:00octobre 5th, 2018|Aromathérapie, Vie pratique|0 Comments

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