Exercice poétique – Je me suis réveillée

Jeudi dernier, confortablement installée dans mon lit, au lieu d’éteindre la lumière à cette heure nocturne déjà bien avancée que m’indiquait mon horloge – 23h27 –, je fus victime d’une attaque d’inspiration poétique.

Une bien mauvaise habitude

Il me faut tout d’abord avouer une bien mauvaise habitude à laquelle je cède parfois : jeter un dernier coup d’oeil à mes notifications Facebook … juste avant de m’endormir. De toi à moi, je te le déconseille vraiment ! Alors qu’une série de bâillements m’avait envoyé les signaux d’un besoin impérieux de rejoindre Morphée, une de ces notifications titilla ma curiosité : il y avait une nouvelle publication, tout fraîche, dans mon groupe d’écriture L’Atelier de Fiction. Je décidai d’y jeter un minuscule coup d’oeil … Arrrghhhhh !

Comme une mouche avec un pot de miel

Il me faut tout d’abord avouer une bien mauvaise habitude à laquelle je cède parfois : jeter un dernier coup d’oeil à mes notifications Facebook … juste avant de m’endormir. De toi à moi, je te le déconseille vraiment ! Alors qu’une série de bâillements m’avaient envoyé les signaux d’un besoin impérieux de rejoindre Morphée, une de ces notifications titilla ma curiosité : il y avait une nouvelle publication, tout fraîche, dans mon groupe d’écriture L’Atelier de Fiction. Je décidai d’y jeter un minuscule coup d’oeil … Arrrghhhhh !

Trop tard ! Le minuscule était déjà trop : je fus attrapée comme une mouche avec un pot de miel par l’énoncé de l’exercice que Sylvie, la fondatrice du groupe, nous proposait pour la thématique hebdomadaire « Vendredi c’est poésie ».

(Oui, je sais, je vous ai indiqué que l’événement se déroulerait le jeudi soir, mais Sylvie résidant sur ma très chère île de La Réunion, le décalage horaire lui faisait prendre de l’avance et elle débutait sa journée du vendredi.)

Voici ce qu’elle nous proposait :

Écrivez à partir de ces deux derniers vers du poème “La mémoire enfin” de Wislawa Szymborska :
Je me suis réveillée. Ai ouvert les yeux.
Et j’ai touché le monde comme un cadre sculpté.

Cling, cling, cling, mes petites cellules grises frétillèrent, mon imagination frémit, et je fermai les yeux non point pour glisser dans le sommeil mais pour me faufiler dans ce tableau de Dali, Jeune fille à la fenêtre, qui me sert de bureau d’écriture poétique.

Avant que la première seconde du jour neuf s’en vienne, mes doigts achevèrent de pianoter une note sur mon téléphone, un court poème intitulé :

« J’ai caressé du bout des doigts »

Je me suis réveillée. Ai ouvert les yeux.
Et j’ai touché le monde comme un cadre sculpté.
J’ai caressé du bout des doigts les cieux,
Des bleus mouillés, des gris évaporés.
Je me suis levée. Ai plissé les yeux.
Et j’ai respiré le monde comme un mouchoir parfumé.
J’ai caressé du bout du nez les lieux.
Des draps fauves, des peaux musquées.
Je me suis rallongée. Ai cligné des yeux.
Et j’ai goûté le monde comme une pomme sucrée.
J’ai caressé du bout des lèvres l’audacieux.
Sa gorge voluptueuse, son corps enfiévré.
Je me suis alanguie. Ai fermé les yeux.
Mes sens et ma raison j’ai abandonnés
Aux absolus ambrés, aux espoirs capiteux.

Quand le dresseur du Verbe se fait dompter par les mots.

Comme je l’ai expliqué dans cet article (clic), pour moi, l’acte de création poétique comprend une part de « dressage de fauves », les fauves désignant ces mots qui surgissent à l’esprit à la façon de bulles fragiles ou de feux-follets excités. Dans les deux cas, je me trouve dans la délicate posture de devoir les saisir au lasso et les dompter pour les amener jusqu’à la pointe de mon stylo. Le hic, c’est que parfois, au lieu que ce soit moi qui dirige la danse, les Mots ou leurs grandes soeurs Idées se rebellent et sans prendre la poudre d’escampette, ils me leurrent avec une poudre de Perlimpinpin qui me conduit à une vallée enchantée au lieu de me rendre au château hanté, ou vice versa. Autrement dit, ils me font bifurquer, parfois à 360 degrés, de mon intention initiale.

C’est ce qui s’est produit avec ce poème. Au commencement, j’avais plongé dans une sensation qui m’orientait vers un poème spirituel où il serait question de façonner le monde comme le dieu naïf et généreux qui loge dans le coeur d’un enfant le matin, alors qu’il est encore de ses rêves empreint.
Ha ha ha ! Au final, je suis diablement loin de cette intention, n’est-ce pas ?! Cela a dérapé juste sous mon nez, lorsque le mot drap s’est faufilé dans le tableau !
Est-ce la présence de mon mari qui s’était entretemps glissé sous les draps qui influença inconsciemment cette dérive moins spirituelle et plus charnelle ?
Va savoir …. 🙂

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