Bilan – Lectures d’Octobre 2021

Premier jeudi du mois, il est temps de réaliser le bilan de mes lectures du mois d’Octobre, très axé Jeunesse, beaucoup plus qu’à mon habitude. 🙂

Nouvelles

J’apprécie beaucoup de lire des nouvelles, pas seulement parce que je m’adonne à l’écriture de ce genre littéraire, mais aussi parce que je suis fascinée par toutes les idées et sensations qui peuvent être véhiculées dans un texte court. Qui plus est, parmi mes petits plaisirs quotidiens du matin, il y a celui de m’offrir quelques pages de lecture pendant que je savoure mon petit-déjeuner. À ce moment-là, je raffole d’avoir un recueil de nouvelles sous la main ; je réserve les romans pour mes soirées.

1 – Ce mois-ci, mon plus grand coup de coeur dans cette catégorie est :

***** L’encre sèche et on oublie, de Serge Labrosse.

Publié chez Lévesque Éditions et paru début octobre, il s’agit du premier recueil de nouvelles de Serge Labrosse, ancien journaliste d’enquête et directeur de la rédaction du Journal de Montréal.
L’auteur nous offre un florilège de textes concis et incisifs qui, telle la poursuite au théâtre éclaire brusquement une zone d’ombre et nous révèle ces recoins d’une humanité voisine dont on aime mieux détourner le regard.
Cette plume soignée sait transformer les mots en images frappantes comme les Unes de journaux, s’amuse à glisser entre une virgule et un point des sensations aussi fugaces qu’une brève et qui colleront à la peau de la lectrice telle une tâche de cambouis graisseux, crasseux. Une plume qui a l’art de dévoiler l’odieux, le terrible en un seul mot anodin marié à des points de suspension.
L’encre sèche et on oublie : titre brillant, titre criant, titre accusant.
Une succession de récits parfois poignants, souvent dérangeants, toujours percutants, et qui entrouvrent fenêtres et soupiraux sur des scènes du quotidien que le regard prend soin de fuir dans la rue, pour ne s’y accrocher sans danger que dans les entrefilets des faits divers. Un regard sur une humanité si fragile, avec parfois, un rai de lumière qui la traverse.
La concision des textes nous évite le pathos mais nous gifle et nous coupe le souffle, et c’est là que le journaliste s’éclipse au profit de l’écrivain.


2 – Pas un recueil mais une nouvelle solitaire – reçue en Service Presse – celle-ci a également trouvé mon agrément de lectrice et je lui ai attribué un 4 étoiles sur mon commentaire Babelio.

**** Le magasin de bébés, de Leona Everhard.

Avec sa nouvelle d’anticipation, Le magasin de bébés, Leona Everhard, autrice indépendante, nous propose une superbe critique du consumérisme actuel et des dérives d’une société néolibérale et ultra productiviste.
Ma chronique est disponible sur la plateforme Babelio : ICI.

RDV samedi 20 novembre pour un nouvel épisode des Lectures Z’Indés, dans lequel je m’entretiens avec Leona Everhard.


3 – Lecture plus mitigée avec ce troisième livre, lu dans le cadre d’un Service Presse. Le sujet titillait ma curiosité, mais certains aspects du style de l’auteur ne m’ont pas convenu en tant que lectrice.

*** Dérapages inattendus, de Jean-Luc Rogge.

Un recueil de six nouvelles s’inscrivant dans les petites routines quotidiennes qui dérapent sous l’influx d’un hasard ou d’un point-virgule anecdotique de la vie.
Dans chaque récit, l’auteur nous imprègne de ce quotidien à travers une profusion de petits détails et une narration à la première personne du singulier (sauf pour la dernier d’entre eux.)
Bien que les personnages principaux varient de l’une à l’autre des nouvelles, tantôt masculins tantôt féminins, un thème commun les relie, celui de la fragilité de la santé mentale.
Dans ce recueil, d’autres sujets récurrents lient les différentes histoires : les revenants, la justice, le sexe, la folie.
Dans le style, j’ai, entre autres, regretté l’emploi excessif des locutions de coordinations qui, à mes yeux, enrayent la fluidité du récit. Pour moi, c’est la narration elle-même qui doit induire la logique des actions. Le recours à un style d’incise dans les dialogues que je n’apprécie pas, même s’il a été usité par d’autres auteurs célèbres comme Philippe Djian, a aussi eu une influence sur mon plaisir de lecture. De même que d’autres petits détails, que je ne mentionnerai pas ici au risque de paraître très (trop) pointilleuse (mais en fait, je l’assume !).

Livres jeunesse

TROIS beaux coups de coeur, rien que ça ! dans cette catégorie ce mois-ci. Je fus bien gâtée. 🙂

Je vais les présenter dans l’ordre chronologique de mes lectures.

***** Dans mon garde-robe, d’Aimée Verret. (aux éditions La courte échelle)

4ème de couverture :
Je dérive entre
les jouets
que je n’ai pas le coeur de donner
et les brassières
que ma mère vient de m’acheter.

Dans mon garde-robe, ce sont les mots d’une jeune fille qui cherche ses repères dans sa nouvelle réalité d’adolescente. Devant le miroir, son corps change. À l’école, ses amitiés s’éloignent. Ses questions se multiplient. Le garde-robe devient alors refuge et gardien de l’enfance.

Plutôt qu’un long pavé de texte pour t’expliquer pourquoi j’ai autant aimé ce recueil de poésie pour les jeunes de 11 ans et +, je te propose de regarder cette vidéo, dans laquelle Aimée Verret et moi te proposons 10 bonnes raisons de lire Dans mon garde-robe : CLIC.


***** Petit-Pierre et les étoiles, de Nathalie Bagadey. (à paraître le 22 novembre, chez Nat Éditions)

4ème de couverture :

Comme ses camarades de classe, Petit-Pierre est initialement ravi de découvrir le tout nouveau projet lancé par sa super maîtresse à l’approche de Noël.

Seulement, il se rend vite compte qu’il lui sera difficile de réaliser ses rêves, des rêves qui ne correspondent pas du tout à ceux de ses meilleurs amis. Pour ne rien arranger, sa copine Lola est bizarre en ce moment et se fâche avec tout le monde à l’école. Les choses semblent bien mal engagées pour Petit-Pierre et ses compagnons … À moins qu’une petite gargouille déterminée et une sortie magique en Ardèche ne parviennent à tout changer ?
Une histoire touchante qui  montre le pouvoir de l’amitié et la force des rêves.

Je te donne RDV le 15 novembre sur ma page Facebook pour découvrir mon avis de lecture enthousiaste sur ce très chouette roman jeunesse … et surtout pour participer au encore plus chouette concours que Nathalie Bagadey et moi organisons à l’occasion de la publication de nos livres respectifs, Petit-Pierre et les étoiles et Les cinq vies d’un renard glouton.


***** Le guerrier massaï, de Laurent Pinabel. ()

Cet album illustré, le premier signé par Laurent Pinabel en tant qu’illustrateur ET auteur , est un double (gros) coup de coeur pour moi.
Le récit très personnel que nous offre l’auteur est venu éveiller mes propres souvenirs d’enfance  et a suscité beaucoup de belles émotions en moi.
Au-delà de ma perception strictement personnelle, c’est un magnifique album à proposer aux enfants qui ne connaissent pas les voyages, et une superbe occasion de leur offrir un tour du monde en leur mettant des étoiles dans les yeux. Le guerrier massaï nous ouvre une multitude de portes vers le monde et le voyage… que l’on soit petit ou grand.
Tu peux retrouver ma chronique de lecture complète ainsi qu’une interview avec l’auteur en cliquant ICI.

Dans la catégorie Jeunesse, j’ai bien apprécié l’univers que Lucas Primot développe dans son recueil d’historiettes intitulé Les 24 contes de Noël.
Ma chronique accompagnée d’une rencontre avec l’auteur sera disponible mercredi 17 novembre.

Enfin, j’ai reçu en Service Presse, le livre Les billes maladroites, d’Eva de Kerlan : une jolie petite histoire dont je vous reparlerai prochainement avec une chronique plus élaborée.

Romans

Trois romans sont venus étoffer ma pile de lectures ce mois-ci : un gros coup de coeur, une étonnante découverte, et une déception frustrante.

Commençons par le gros coup de coeur, avec :

***** Les fiancés de l’hiver, de Christelle Dabos.

Premier tome de la saga La Passe-Miroir, son genre littéraire est difficile à définir. C’est du fantastique, indéniablement, avec des airs de steampunk, mais l’introduction nous conduit à penser que l’histoire se déroule dans une période post-apocalyptique, ce qui relèverait alors du genre science-fiction. Mais tant les personnages que l’intrigue et l’univers ne correspondent pas aux codes de la science-fiction. Quoi qu’il en soit, cet univers, cette intrigue et ces personnages m’ont complètement envoûtée, de même que le sytle, poétique, magnifique, de l’auteure.
Je n’en dis pas plus aujourd’hui … un peu de patience pour découvrir ma chronique vidéo détaillée, un de ces prochains mercredis. 🙂


Poursuivons avec l’étonnante découverte :

**** Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, de Mathias Enard.

Ce livre a reçu le Prix Goncourt des lycéens 2010, et je l’ai lu dans le cadre d’une formation que je suis actuellement.

Ma prise en main du roman fut laborieuse : les deux premières pages m’ont intriguée mais les 15 suivantes ne me séduisaient pas du tout. Je n’accrochais pas, et je n’aurai probablement pas fait l’effort de poursuivre ma lecture si celle-ci n’avait pas été obligatoire . Cela aurait été dommage, car finalement c’est un roman que j’ai fort apprécié, d’autant que j’en ai fait une lecture active, très attentive, comme une chasse au trésor, à m’attacher au style de ce récit en prose poétique narrative et aux indices semés par l’auteur sur le déploiement de l’intrigue. Peu à peu, je me suis laissée prendre au jeu de découvrir l’homme Michel-Ange confronté à l’artiste de génie Michel-Ange. Car il s’agit de cela dans ce livre : une anecdote historique d’un voyage en Turquie de Michelangelo Buenarotti, le célèbre sculpteur du David et de La Pieta, le peintre de la chapelle Sixtine,  pour réaliser les plans d’un pont à Constantinople.
Il y a une grande richesse dans ce roman, dont le vocabulaire particulièrement choisi nous ancre dans l’époque du récit et dans l’ambiance orientale.
Composé de 69 tableaux, avec une narration non linéaire, c’est un roman foisonnant qui mérite qu’on lui accorde du temps.

Terminons avec la déception frustrante procurée par :

** La soeur de la tempête, de Lucinda Riley.

Deuxième opus de la saga Les sept soeurs plébiscitée au niveau mondial, ce livre-ci n’a pas rencontré mes attentes, alors que j’avais été charmée par le premier tome.
Balaçons tout de suite les « mauvais points » qui expliquent mon appréciation personnelle :

* Le personnage d’Ally, la 2ème soeur des filles d’Apliese, m’a moins accroché que celui de Maia dans le tome précédent. J’ai trouvé qu’elle avait un peu toutes les caractéristiques de la fille parfaite et j’ai tendance à rejeter les personnages de type « Mary Sue » (ce qui est amusant, c’est que je venais d’écrire un article sur le sujet, alors certainement y ai-je été encore plus sensible).
*La chronologie des événements que vit Ally dans ce tome m’a un tantinet irritée parce que, personnellement, j’ai trouvé ça « too much » de vivre autant de choses (et les grandes émotions afférentes) dans un aussi court laps de temps. Certes, ça se veut romanesque … mais disons que si cela s’était étalé sur 2 ou 3 mois de plus, j’aurais trouvé ça plus « crédible ».
* Pour lire cette saga, il faut bien évidemment aimer la romance, car il y en a et souvent en double dose, celle de la soeur et celle de son ancêtre. Dans ce 2ème tome, certains aspects de la romance m’ont vraiment déplu parce que très mièvre, à la croisée d’un Harlequin et d’un roman pour teenager.
* Enfin, l’ultime mauvais point, c’est l’édition. J’avais lu le premier tome chez les éditions Charleston et j’avais passé un très bon moment de lecture. Pour ce 2ème tome, emprunté à la bibliothèque, j’ai eu entre les mains la publication québécoise des éditions Guy Saint-Jean et … j’ai trouvé que c’était de mauvaise qualité. La traduction est très moyenne, on a perdu beaucoup d’effort au niveau de la transcription du style : des répétitions, des phrases « basiques » (que je n’avais pas relevé dans la version des éditions Charleston), et surtout j’en suis arrivée à douter qu’il y ait une relecture du texte tant c’est truffé de fautes : des fautes de conjugaison, des erreurs de syntaxe, et surtout plein de coquilles avec des mots en trop qui donnent des phrases « elle marcha de part sur le tapis » 😡 ; et dans les dialogues le mot « aussi » s’affiche toujours « aussn’est-ce-pas » ! 😡😡 ; et même parfois une confusion dans les personnages (le prénom Théo est cité par erreur pour désigner Thom … grrrrrrr). Bref, étant très sensible à la forme autant qu’au fond, cela a gâché une (grosse) partie de mon plaisir de lecture.
Il y a quand même certains « bons points » qui ont trouvé grâce à mes yeux ; les voici :
*On renoue avec la structure de roman du premier tome, mêlant temps présent aux côtés d’une des soeurs et narration « historique » des ancêtres de ladite soeur. Finalement, c’est toujours une double saga que nous offre Lucinda Riley, et je trouve cela original de faire découvrir aux lectrices des personnages historiques réels sous cette forme.
* Étant grande amatrice de romans historiques, j’apprécie toujours les passages dédiés à l’évocation de l’histoire de l’ancêtre de la soeur qui nous permettent de découvrir non seulement des faits historiques mais surtout de nous immerger dans une culture, et dans le cas présent celle de la Norvège d’il y a 130 ans.
* La qualité des recherches documentaires de l’autrice fait que l’on s’immerge pleinement dans les univers qu’elle nous offre, que ce soit celui du monde nautique ou de la musique classique.
* Du mystère : Lucinda Riley sème des indices minutieusement dosés et placés dans son récit pour titiller l’attention des lectrices et l’envelopper dans une aura de mystère, tout en donnant l’impression de résoudre bien des questionnements. Et c’est bel et bien ce qui fait que je vais lire le 3ème tome et les suivants ! 😁
Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Articles recommandés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

[index]
[index]
[523.251,659.255,783.991]
[523.251,659.255,783.991]
[523.251,659.255,783.991]
[523.251,659.255,783.991]